Journée de la Finance Responsable, une première en Occitanie

Colloque

Pour la première fois en Occitanie, un évènement dédié à la finance responsable a été organisé à Montpellier Management le 5 octobre 2017, pour réunir le temps d’une journée toutes les parties prenantes de la région : investisseurs, financeurs, chercheurs, organismes régionaux privés et publics, entrepreneurs.

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L’objectif de cette 1ère Journée de la Finance Responsable en Occitanie était avant tout de favoriser le réseau régional des acteurs de la finance responsable. De plus en plus d’acteurs émergent et suivent désormais cette tendance. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agissait de faire un état des lieux d’un secteur en pleine expansion, d’ouvrir le dialogue pour consolider ce réseau d’acteurs et enfin, ouvrir des perspectives régionales.

Les débats se sont  déroulés sous forme de tables rondes, afin d’aborder les questions  principales liées à la mise en place d’une démarche RSE, et d’une  politique de transition énergétique. L’occasion également de présenter l’avancée des recherches  académiques sur le sujet, et la portée du concept de RSE auprès des investisseurs. Des questions liées aux problématiques de la finance telles que l’investissement, le financement et la rémunération des apporteurs de fonds.

Les réflexions menées ont permis aux étudiants des Masters Finance et Gestion de patrimoine de Montpellier Management d’exposer leurs conclusions en clôture de l’évènement, et de développer des connaissances plus approfondies sur ce secteur. Retour sur quelques uns des échanges clés qui ont constitué les différentes tables rondes de la journée.

La démarche RSE pour incorporer des préoccupations sociales et environnementales dans les décisions financières

Une des premières idées reçues est que lorsqu’on fait des actions en faveur de l’environnement et du sociétal, cela ne sera pas rentable. Pourtant deux intérêts émergent. En premier lieu : répondre aux exigences des investisseurs eux-mêmes, qui prennent en compte l’aspect environnemental de leur investissement. Les intérêts des entreprises sont également concernés, que cela soit lié à leurs objectifs ou à une vision à long terme, à l’image de la start up Il était un fruit, présente lors de la 1ère table ronde.

La difficulté de la démarche RSE réside dans le fait qu’il n’existe pas d’indicateurs spécifiques pour la mesurer ou de recherche de rentabilité immédiate. Tout ne se mesure pas. Il s’agit également de prendre en compte le rôle du capital immatériel, celui des valeurs et de la pérennité des entreprises. Plutôt que d’essayer de quantifier les coûts de la démarche RSE, c’est la notion de coût global sur le long terme qui est à considérer. La parallèle peut d’ailleurs être faite avec les débats sur la démarche qualité il y a quelques années, à considérer comme un investissement.

Chez les jeunes entreprises, la démarche RSE est souvent intégrée au business model dès la création de l’entreprise. Pour les entreprises établies depuis plus longtemps, elles doivent passer par une phase d’apprentissage et de mise en place plus longue pour atteindre ces résultats.

Aujourd’hui, la transition énergétique passe par le développement de la production et l’accessibilité aux énergies renouvelables. Les entreprises imprégnées de cette philosophie bénéficient également d’un soutien considérable des politiques comme lors de la COP21, qu’ont tenu à rappeler les différents intervenants de la 2ème table ronde.

La transition énergétique est un acte fondateur de l’Occitanie, pionnière en la matière puisque, comme l’a exprimé Carole Delga présidente de la Région, l’objectif est qu’elle devienne la première région française à énergie positive à l’horizon 2050. L’Occitanie a pour cela tous les éléments à sa portée : l’eau, le vent, le soleil, la montagne.

Un objectif loin d’être utopique puisqu’à la même échelle, le Costa Rica l’a déjà atteint. « 100 milliards d’euros : ce qu’on doit investir pour répondre aux objectifs de la loi sur la transition énergétique. Avec le poids de l’épargne française, cela est du domaine du possible », a d’ailleurs indiqué Julien Hostache, co-fondateur d’Enerfip, plateforme de financement participatif favorisant les projets de développement durable.

Quant à la rentabilité de telles initiatives, bien au-delà des considérations environnementales, les entreprises dirigeants une activité basée sur les énergies renouvelables sont devenues des compétitrices de poids. Elles sont désormais capables de rassembler les fonds nécessaires pour mettre en œuvre leurs innovations et de générer de réels bénéfices. Dans un même temps, l’accroissement permanent de leurs performances RSE entraine une baisse significative des risques financiers pour les investisseurs. Il y a lieu de parler d’une nouvelle notion : le green business.

L’investissement socialement responsable (ISR)

Les projets innovants nécessitent une certaine maturité, pouvant être financés par fonds propres, mieux adapté aux financements à long terme. Par conséquent, le financement par la dette est déconseillé sur ces projets innovants puisqu’ils exigent un remboursement immédiat, tandis que le financement par fond propre n’exige que des dividendes.

Quant à la RSE et les risques financiers, si l’ISR ne permet pas directement d’augmenter la rentabilité, elle permet tout du moins de réduire considérablement les risques financiers.

Pour Patrick Sentis, enseignant-chercheur en finance au sein de Montpellier Management « Il  ressort de cette journée l’idée générale que la finance responsable  constitue bien plus qu’un phénomène d’actualité. Il s’agit d’un corpus  de règles de fonctionnement, de bonnes pratiques et d’une approche de  la finance soucieuse de l’ensemble des parties prenantes. Il apparaît  que cette approche devient indispensable dans la conduite d’une  activité économique et a fortiori financière ».

Jean-Marc Clamy (à droite sur la photo), président fondateur d’Ariskef, partenaire de l’évènement : « J’ai eu l’immense plaisir d’animer la table-ronde dédiée à la transition énergétique et à la finance responsable. Tout est prêt pour transformer l’économie. Nous avons les hommes et les femmes, les techniques et l’argent est disponible. Il ne manque que le changement d’échelle et la massification. Ira-t-on vers un fléchage légal des investissements vers les ENR ?  « L’Occitanie arrivera à atteindre ses objectifs d’être une région à énergie positive avant 2050 », disait Carole Delga. Notre région va-t-elle battre Paris, Madrid ou Barcelone ? « En France, les besoins financiers sont colossaux (100 milliards/an) pour la décarbonation de notre économie », avons-nous entendu aujourd’hui. Mais attention, la tendance ne faisant pas le prix, l’analyse des risques des investissements ENR devient un enjeu crucial pour les acteurs financiers. Le dernier mot est pour mes invités : Un grand merci à M. André Joffre (TECSOLCCI Occitanie), M. Nicolas Jerez (Bulane), M. Simon Cossus (Enercoop), M.Julien Hostache (Enerfip) et M. Samuel Puygrenier (ADEME LR). »

Pour Carole Maurel, enseignant-chercheur à Montpellier Management, co-organisatrice de l’évènement « Cette première édition en région Occitanie a été une journée riche en rencontres, en échanges d’idées et de points de vue autour de la finance durable. Cela nous montre bien que nous sommes à un tournant et qu’il ne tient qu’à nous, dans nos actes en tant que citoyen, acteur du monde de l’entreprise, d’inscrire dans notre ADN les concepts de durabilité, de responsabilité sociale et le caractère indissociable des dimensions économiques, environnementales et sociétales dans le quotidien des entreprises. Notre rôle d’enseignants-chercheurs est de sensibiliser nos étudiants à ces réalités, les mettre en relation avec le monde de l’entreprise, car demain ce seront eux les acteurs de cette finance responsable. Le rendez-vous  est donc pris (en tout cas je l’espère) pour la 2ème édition en Occitanie, région prometteuse en la matière, compte tenu de son objectif de devenir la « 1ère région à énergie positive d’ici à 2050 », pour reprendre les mots de Carole Delga, présidente de la Région ».

Célia Coudret

Retrouvez le Communiqué de Presse de l'évènement en cliquant ici
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La Journée de la Finance responsable a été mise en place, pour la première fois en Occitanie, par le laboratoire de recherche Montpellier Recherche en Management (MRM) et  l’Institut d’enseignement supérieur  Montpellier Management. Un évènement organisé en partenariat avec Ariskef, l’Organiserie mais aussi avec le soutien du Labex Entreprendre, l’IAE de Montpellier et celui de Montpellier Business School. Une journée inscrite dans le cadre de la Semaine de la Finance Responsable, organisée partout en France du 28 septembre au 5 octobre 2017 par le Forum pour l’Investissement Responsable.


18 octobre 2017 : Moma-COM